Jouer pour apaiser

Cette semaine j’ai fait un rêve où l’un de mes proches mourrait. Étonnamment, j’étais plutôt serein au réveil, et j’ai pensé qu’après tout, la mort n’est qu’un moment de la vie.

Pourtant j’ai la sensation que dans notre culture, elle représente un certain tabou, une peur, qui induisent des comportements comme la gêne, la froideur, la distance entre les vivants.

L’évanouissement des croyances religieuses et de la spiritualité fait que bien souvent le rituel, la cérémonie, le rassemblement, sont totalement dépourvus de sens ou de lien avec la personne qui vient de disparaître. On se retrouve gêné de ne pas chanter un cantique, debout dans une église froide, seul face à sa tristesse…

Au téléphone avec mon amie Hélène après un concert chez l’habitant, je fus frappé par une formule qu’elle employa : « ton concert, c’est la messe ».

C’est vrai qu’en une quarantaine de rencontres avec des gens qui pour la plupart ne me connaissent pas, j’ai ressenti beaucoup d’émotion et de recueillement autour de ce moment et de cette musique partagée pendant une heure. Parfois des témoignages à chaud accompagnés de larmes : « ça m’a fait penser à ma vie » « tu m’as beaucoup touchée » « j’ai compris des choses » « j’ai voyagé ».

Vous l’aurez compris, bien au-delà de toute notion de réussite sociale ou professionnelle, mon idée de richesse est dans ce partage, ces retours, cette communion… (Allez, j’ose…)

Loin de moi l’idée d’entrer dans les ordres, ou même de creuser véritablement la question de pourquoi cette émotion vient : elle vient, elle est.

Ainsi, une idée toute simple m’est venue : pourquoi ne pas jouer quelques notes à une cérémonie d’obsèques avec mon piano à roulettes ? Pourquoi ne pas apporter soutien et apaisement précisément dans ces moments-là où nos âmes sont amenées à s’ouvrir ?

Voilà, je lance ce message dans l’univers et si un jour cela trouve écho chez l’un ou l’une d’entre vous, vous savez où me trouver.