Sur le chemin de la vie, il est parfois de très belles rencontres. De celles qui vous poussent vers l’avant toute votre vie, vous accompagnent d’une décennie à l’autre et dont la richesse transcende le contexte originel de la rencontre.

J’ai plaisir aujourd’hui à vous raconter l’histoire de « Ode Paname – le son jazz de la poésie », mon aventure musicale parisienne entre 2006 et 2010.

L’initiateur en est Olivier de Colombel, saxophoniste – compositeur, passionné de poésie. Je me souviens du jour où il m’a appelé pour la première fois, grâce à l’entremise de Gaëtan Allard, mon plus vieux complice musical. Tout jeune étudiant au CNSM, j’étais en cette fin 2005 à Nantes pour participer à la Revue de la Cloche. Olivier m’offrait de participer à mon tout premier groupe depuis mon arrivée à Paris ! Sa voix était douce, son projet bien pensé, ma réponse ne fut pas longue à venir : « avec joie ! ».

Nous voici quelques semaines plus tard dans son appartement rue Stephenson pour une rencontre musicale avec Léa Castro, sur les premières compositions d’Olivier. Léa, une personnalité, une voix, ouah ! Pour compléter l’équipe, après nos premiers pas au Sentier des Halles, Joan Eche-Puig (contrebasse) nous rejoint et voici le groupe au complet.

L’idée d’enregistrer un disque vient assez vite, mais les compositions des débuts sont mises de côté, car les ayants droits de Jacques Prévert n’autorisent pas d’autre musique que ce qui existe déjà… Olivier a plus d’un tour dans son pavillon de sax ténor et compose rapidement ce qui deviendra notre répertoire « de croisière ». Paul Eluard, Marie Nizet, Guillaume Apollinaire, Anna de Noailles, Charles Baudelaire, des noms qui ne sont que de vagues évocations pour moi.. tout comme le sens de certains poèmes ! À l’époque, je suis très « musique musique !! »

Ainsi nous jouons ces morceaux, passons de belles soirées à rire, à vivre. Je découvre Paris grâce à Olivier sur sa moto, à tous ses amis extra. Sur scène, Ode Paname devient un spectacle musical plus qu’un concert, grâce à la mise en scène d’Hélène Mahieu. Il faut apprendre à désapprendre les réflexes de musicien, s’ouvrir à ses compagnons de scène ainsi qu’au public : c’est dur ! Mais la bienveillance d’Hélène nous y conduit de manière très subtile.

L’album est enregistré en début d’été 2007 dans la bonne humeur au studio de Didier Lockwood, grâce à la générosité de mon camarade de classe Thomas Enhco. 14 pièces très variées que nous jouerons à la Reine Blanche le 27 septembre 2008, sortie officielle de « L’Invitation au Voyage ». Chacun de nous a un personnage, pour ma part je suis un fugitif italien nommé « Armelito del Paso », j’ai un chapeau noir et des bretelles.

Enfin, grâce à l’esprit d’entreprise d’Olivier, Ode Paname fera deux résidences de plusieurs semaines au Théâtre des déchargeurs en 2009, où notre spectacle atteindra son point culminant. Chacun des protagoniste a un monologue, il y a une vraie dramaturgie, un sens à tout ça.

Dix ans ont passé et notre amitié est intacte malgré les kilomètres : Olivier vit au Yukon à l’Ouest du Canada… Florence Grimmeisen est devenue notre photographe à tous, nous savourons notre thé à l’Autre Thé, portons des Spring Court et rions toujours des mêmes blagues… Léa poursuit une brillante carrière aux côtés de son compagnon Antoine Delprat, quant à moi j’ai plaisir à partager cet album avec vous. Le CD existe toujours et je me ferai une joie de vous en envoyer.

Comme vous le voyez, je me balade de plus en plus hors de l’hexagone où je constate avec étonnement à quel point la culture française est appréciée. Aussi, il me trotte dans l’idée de redonner vie à Ode Paname… à suivre