Episodes 1.2.3.

1.Début de blog 

Bonjour chère lectrice, bonjour cher lecteur, si vous parcourez ces lignes, c’est que sans doute vous êtes musicien(ne) ou que vous vous intéressez à la musique.

Je m’appelle Armel Dupas, je suis musicien, pianiste et compositeur, principalement dans le style jazz et ce qui l’entoure. J’ai 34 ans et j’écris aujourd’hui ces mots pour décrire comment je vis l’éco-système en mouvement autour de moi, dresser un portrait de ce qui, de mon point de vue, ne fonctionne pas, et tenter de faire émerger quelques solutions, pour moi et pour mes amis. Certaines de ces réflexions sont d’ailleurs le fruit de longues conversations, au gré des rencontres.

Je ne prétends pas être écrivain ou poète, ni à plaindre ou à envier, je me dis simplement que toute expérience peut être bonne à partager, même avec un petit nombre de gens. J’aime écrire, alors je me lance, d’autant que cela accompagnera mon travail de remise en question.

Puissent ces lignes, écrites sans filtre et avec le minimum d’amertume possible, être utiles à quelqu’un d’autre !

 

2. Qui crée ?

Cette année 2018 est extrêmement riche en enseignements, en ouverture sur le monde.

Avec mon trio lauréat du dispositif Jazz Migration#3, j’ai bénéficié de modules de formation sur des sujets variés et intéressants ayant trait à mon métier. Pour une fois, l’angle n’est pas artistique, mais bien structurel et managérial. J’ai adoré.

Pourtant, ce que j’en retiens, c’est que je vis dans une société pyramidale (en terme de notoriété, de compétences, de reconnaissance) et cloisonnée (ça c’est du jazz, ça c’est de l’electro) où, tout comme la plupart de mes amis artistes, je peine à me frayer un chemin dans « l’industrie musicale » du XXIème siècle.

Pourquoi ? Car à l’instar de bien d’autres industries, le but de ce monde n’est pas la libre circulation des idées, des émotions, mais la domination, le contrôle. Là où il y a « industrie », il n’y a pas liberté, fun and happiness. Qui crée et qui profite ?

Un bref séjour au salon international du jazz à Brême m’a permis de le comprendre. De beaux stands richement décorés en conversations entre soi, les « acteurs » du milieu ont le sourire, boivent du pétillant à 11h du matin, lorsque le musicien, faute de n’avoir pu obtenir rdv avec un seul d’entre eux, finit par se tourner vers ses condisciples, ce qui vire une fois de plus en une série de complaintes, que je fuis comme la peste.

Les « importants » ne sont pas les créateurs, mais bien ceux qui gravitent autour, et qui pourtant, eux, ne créent rien. 

Personnellement, cela ne me pose aucun problème, car je n’ai pas besoin de me sentir important, mais cette prise de conscience était nécessaire pour m’inviter à changer de perspective, redéfinir ce qui est vraiment important pour moi : l’humain, au sens le plus noble, positif et résiliant qui soit.

 

3. La mue

Une fois ce cadre défini, l’humain, donc, je m’aperçois qu’il me faut changer radicalement de manière de penser, abandonner les vieux réflexes et les vieux schémas, ceux du XXème siècle…

Quoi de mieux pour cela que les voyages et les rencontres ?!

À 34 ans, même si dans certaines start-up(s) je serais déjà un « senior », dans le jazz je suis encore un « jeune musicien »… Je devrais donc être capable de changer.

Mars 2016, premier voyage en solitaire sur la West Coast californienne. Synapses 100% ouvertes, j’absorbe tout, je suis léger et j’expérimente sans le savoir les prémices d’un mode de vie qui me tente beaucoup aujourd’hui : le « digital nomad ». En gros, je n’ai qu’un bagage cabine, un ordi, un bon casque, un smartphone, une carte bleue, une bagnole de loc’ et Airbnb.

Je peux bosser le jour sur un banc de Venice Beach, aller voir un super concert à 10$ le soir, boire une IPA, et je suis super heureux.

Je ne toucherai pas une note de piano pendant 5 semaines, mais rencontrerai plus de gens cool qu’en 10 ans à Paris.

Je vous dis pourquoi demain ! 😉